J'étais hier aux Jardins d'Alice, squatt accueillant cinq femmes lisant des poésies syriennes autour d'un feu pendant plusieurs heures.
Au départ de la générosité solidaire apparaît l'incompréhension et les attentes où les mots écoutés restent sous la réalité.
Les lectures sont longues.
Je ressens l'intention, mais trop de temps pour la lecture et pas assez pour échanger entre nous autour de la Syrie, des syrien. Que sait-on ici? Peu de choses.
Ennui et frustration bourdonnent autour du feu.
Deux spectateurs posent de bonnes questions qui sont étouffées sous la lecture d'un programme qui ressemble de plus en plus à un marathon à terminer coûte que coûte, fut-ce au détriment des questions de bon sens qui se posent.
Question établissant un parallélisme de la peur et des frères ennemis en Italie et en Syrie que l'un de nous s'obstine à placer en Europe de l'Est.
En quoi sommes nous les frères et soeurs du peuple syrien, au nom de quoi aurions nous des leçons à leur donner?
Parole monopolisée par les lectrices quand l'échange contradictoire aurait été bienvenu.
Une jeune femme intervient pour demander le respect des lectures poétiques. Rubén dit qu'on ne peut pas évacuer le contexte et qu' un échange sur ces questions serait nécessaire.
Vain, les lectrices recommencent à lire, annoncent plusieurs fois un dernier texte si le public veut bien, encore trois pages.
La flamme du feu central aurait pu allumer le brasier de l'empathie.
Merci de l'accueil aux jardins d'Alice.
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